Depuis le 21 juin 2026, l’avenant 11 à la convention nationale des infirmiers libéraux fait évoluer les règles de cotation de certains pansements dans la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP).
Parmi les changements à connaître : la distinction entre les pansements de plaies chirurgicales simples et les pansements de plaies non chirurgicales, ainsi que l’évolution des règles applicables aux prescriptions portant la mention « jusqu’à cicatrisation ».
Pour les infirmiers diplômés d’État libéraux (IDEL), bien comprendre ces nouvelles dispositions est essentiel pour sécuriser la facturation des soins et limiter les erreurs administratives.
Quelles sont les nouvelles cotations des pansements ? Quelle est la durée de validité d’une ordonnance mentionnant « jusqu’à cicatrisation » ? Qu’en est-il de l’ablation des fils et des agrafes ? Voici les points essentiels à retenir.
Cotation des pansements IDEL en 2026 : quelles sont les nouveautés ?
Le pansement de plaie non chirurgicale : AMI 2,02
Cette catégorie concerne les pansements réalisés sur des plaies qui ne résultent pas d’une intervention chirurgicale.
Elle peut notamment concerner :
- les ulcères
- les escarres
- les plaies chroniques non chirurgicales
- les plaies aiguës non chirurgicales
La cotation applicable est AMI 2,02, sous réserve que l’acte réalisé corresponde bien au libellé prévu par la NGAP et que les conditions de prise en charge soient remplies.
Le pansement de plaie chirurgicale simple : AMI 2,02
Le second acte concerne les pansements de plaies chirurgicales simples.
Il s’agit de distinguer les soins portant sur une plaie liée à une intervention chirurgicale de ceux réalisés sur une plaie d’une autre origine.
Là encore, la cotation est AMI 2,02.
À retenir : les deux actes sont cotés AMI 2,02, mais ils correspondent à des situations distinctes. Le choix du libellé doit donc être cohérent avec l’origine de la plaie et les soins effectivement réalisés.
Ordonnance "jusqu'à cicatrisation" : quelle durée de validité en 2026 ?
Pourquoi cette évolution est-elle importante ?
Une ordonnance mentionnant simplement « pansement jusqu’à cicatrisation » ne précise pas une date de fin de traitement.
Cette formulation pouvait donc entraîner des difficultés administratives et conduire l’infirmier à solliciter une nouvelle prescription afin de sécuriser la poursuite des soins.
L’évolution introduite par l’avenant 11 permet de mieux prendre en compte cette formulation et de limiter certaines démarches inutiles.
Quelles précautions faut-il conserver ?
La durée maximale de trois mois ne signifie pas que toutes les ordonnances de pansements sont automatiquement valables pendant cette période.
Il reste nécessaire de vérifier :
- la formulation exacte de la prescription
- l’existence éventuelle d’une durée expressément indiquée par le prescripteur
- la conformité des soins réalisés avec la prescription
- les conditions de prise en charge et de facturation applicables
Si une durée précise plus courte est mentionnée sur l’ordonnance, elle doit être respectée.
Le bon réflexe : avant de poursuivre une série de pansements, vérifiez systématiquement la prescription et les dispositions conventionnelles applicables. Une formulation désormais admise ne dispense pas du contrôle habituel des documents de soins.
Ablation de fils ou d'agrafes : attention à la cotation AMI 2
Comment éviter les erreurs de facturation ?
Lorsqu’un patient bénéficie de pansements et d’une ablation de fils ou d’agrafes au cours de sa prise en charge, l’infirmier doit identifier précisément les actes effectués.
Il convient notamment de :
- distinguer l’acte de pansement de l’acte d’ablation
- appliquer le libellé et la cotation correspondant à chaque acte
- vérifier les règles de cumul éventuellement applicables
- s’assurer que les actes facturés correspondent aux soins réellement réalisés
La présence de plusieurs actes au cours d’une même séance ne permet pas d’appliquer automatiquement la même cotation à l’ensemble des soins.
Comment sécuriser la facturation des pansements après l'avenant 11 ?
Les évolutions de la NGAP rappellent l’importance de vérifier les cotations et les prescriptions avant la transmission des factures.
Une erreur peut entraîner une demande de correction, un rejet ou une régularisation administrative. Ces démarches représentent du temps supplémentaire pour l’infirmier libéral, qui doit déjà gérer les soins, les dossiers patients et le suivi des règlements.
Pour limiter ces difficultés, plusieurs vérifications peuvent être intégrées à la routine administrative du cabinet.
Vérifier le type de plaie
S’assurer que la plaie entre bien dans le cadre de plaie chirurgicale simple ou non chirurgicale pour coter AMI 2,02.
Contrôler la prescription
Vérifier chaque acte réalisé
Contrôler les règles de cumul
Maintenir ses connaissances à jour
Les évolutions conventionnelles peuvent modifier les habitudes de facturation. Il est donc utile de consulter régulièrement les textes de référence et les informations diffusées par l’Assurance Maladie.
Une facturation rigoureuse contribue à limiter les anomalies et à préserver le temps consacré aux patients.
Tableau récapitulatif : cotations des pansements IDEL en 2026
| Situation | Cotation ou règle à retenir |
|---|---|
| Pansement de plaie non chirurgicale | AMI 2,02 |
| Pansement de plaie chirurgicale simple | AMI 2,02 |
| Prescription « jusqu’à cicatrisation » | Durée maximale de trois mois pour les soins concernés |
| Durée plus courte précisée sur l’ordonnance | Respect de la durée prescrite |
| Ablation de moins de 10 fils ou agrafes | AMI 2 — règle inchangée |
En conclusion
L’avenant 11 apporte plusieurs évolutions à connaître pour la facturation des pansements en 2026. La distinction entre plaie chirurgicale simple et plaie non chirurgicale, l’acceptation de la mention « jusqu’à cicatrisation » dans la limite de trois mois et le maintien de la cotation AMI 2 pour certaines ablations de fils ou d’agrafes méritent une attention particulière.
En pratique, le plus important reste de choisir le bon acte, de vérifier la prescription et d’appliquer les règles de la NGAP à chaque situation.
KMGest’ accompagne les infirmiers libéraux dans la gestion administrative de leur cabinet, notamment dans le suivi de la facturation et le traitement des rejets AMO et AMC. Un accompagnement adapté peut aider à limiter la charge administrative et à consacrer davantage de temps à l’activité de soins.
Découvrez les prestations de KMGest’ dédiées aux infirmiers libéraux pour trouver un accompagnement adapté aux besoins de votre cabinet.
Sources et références réglementaires :
Assurance Maladie – Convention et avenants des infirmiers libéraux
Légifrance – Textes réglementaires officiels
Assurance Maladie – Actualités sur la convention des infirmiers libéraux

